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	<title><![CDATA[Pauline et kamel univers]]></title>
	<description><![CDATA[Flux RSS des articles]]></description>
	<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 21:37:45 +0100</pubDate>
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		<title><![CDATA[La traitresse]]></title>
		<link>http://pao.eklablog.com/article-13460-61519-la-traitresse.html</link>
		<dc:creator>Pao</dc:creator>
		<description><![CDATA[Jadis, vivait dans une contr&eacute;e montagneuse un couple de paysans. Cela fait des ann&eacute;es qu&rsquo;ils se sont unis, mais aucun enfant n&rsquo;est venu &eacute;gayer leur foyer. Au fur et &agrave; mesure qu&rsquo;ils avancent en &acirc;ge, ils redoutent de mourir sans laisser de...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[Jadis, vivait dans une contr&eacute;e montagneuse un couple de paysans. Cela fait des ann&eacute;es qu&rsquo;ils se sont unis, mais aucun enfant n&rsquo;est venu &eacute;gayer leur foyer. Au fur et &agrave; mesure qu&rsquo;ils avancent en &acirc;ge, ils redoutent de mourir sans laisser de prog&eacute;niture. &ldquo;Gad&rsquo;en ad&rsquo; emthen d&rsquo;imeng&rsquo; ou ren&rdquo;.<br /><br />Mourir sans enfant pour un paysan ou pour tout &ecirc;tre humain, c&rsquo;est la pire des punitions (punition divine s&rsquo;entend !). Le couple est d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;. Leurs lopins de terre, leur demeure et tout ce qu&rsquo;ils poss&egrave;dent changeront de mains. Ils iront aux cousins. Cette perspective ne les enchante gu&egrave;re, ils vivent un enfer sur terre. En proie au d&eacute;sespoir, ils se replient sur eux-m&ecirc;mes en attendant la mort. Mais comme tout vient &agrave; point &agrave; qui sait attendre, un jour, la femme sent la vie tressaillir dans ses entrailles. Elle saute de joie et informe aussit&ocirc;t son mari. Depuis ce jour, l&rsquo;&eacute;pouse est invit&eacute;e &agrave; se pr&eacute;server jusqu&rsquo;&agrave; la naissance du nouveau-n&eacute;. Au bout de neuf mois, un joli poupon voit le jour. Le gar&ccedil;on tant attendu est choy&eacute;, couv&eacute; et aliment&eacute; avec des mets raffin&eacute;s. Prot&eacute;g&eacute;s par ses parents, il grandit &agrave; l&rsquo;abri de tout danger.<br /><br />Rebbi d&rsquo;eg g&rsquo;ennni Netsa d&rsquo;ilqa&acirc; ig dhlev ad illi Ses pouvoirs sur ses parents sont illimit&eacute;s,<br /><br />   <br />Bijou kabyle <br />il leur demande ce qu&rsquo;il veut et il est servi. En croyant bien faire, en se montrant d&eacute;bonnaires &agrave; l&rsquo;exc&egrave;s, ils ont contribu&eacute; &agrave; faire de leur enfant un &ecirc;tre capricieux, arrogant et intransigeant. A l&rsquo;&acirc;ge de seize ans, muni de son arc et de ses fl&egrave;ches, il part &agrave; la chasse dans les champs. Sur son chemin, il trouve errant une fille d&rsquo;une tr&egrave;s grande beaut&eacute;, aux cheveux noir de jais. Il est &eacute;bloui par tant de gr&acirc;ce et de splendeur. D&egrave;s qu&rsquo;il lui adresse la parole, il est subjugu&eacute;. Il en tombe amoureux. Il lui demande de l&rsquo;accompagner chez lui. Pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; ses parents, il d&eacute;sire se marier avec elle sur le champ. Son p&egrave;re refuse une telle union. Il lui dit : &ldquo;zouadj g-ibbas, ilaq as akhemem ousougas&rdquo;<br /><br />Le mariage est une chose tr&egrave;s s&eacute;rieuse qu&rsquo;on ne doit jamais prendre &agrave; la l&eacute;g&egrave;re. Il faut beaucoup r&eacute;fl&eacute;chir. L&rsquo;adolescent g&acirc;t&eacute; &agrave; outrance est m&eacute;content du refus de ses parents. Ils s&rsquo;opposent &agrave; ce que leur unique gar&ccedil;on se lie &agrave; une inconnue, dont on ne conna&icirc;t rien. La beaut&eacute; n&rsquo;est pas le seul crit&egrave;re &agrave; rechercher chez une fianc&eacute;e. Il y a tellement de filles dans la famille et chez des amis, qui peuvent faire de bonnes fianc&eacute;es.<br /><br />L&rsquo;adolescent refuse toutes les propositions. Il ne veut faire que ce qu&rsquo;il d&eacute;sire. Il tombe en d&eacute;saccord avec ses parents et les quitte, malgr&eacute; leurs lamentations et leur gros chagrin. Il voulait s&rsquo;unir &agrave; la fille errante, contre vents et mar&eacute;es, il fait selon sa volont&eacute;. Il part avec la jeune fille par monts et par vaux. Un jour, il arrive avec elle, pr&egrave;s de la demeure de &ldquo;Amghar Azemni&rdquo; (le vieux sage) qu&rsquo;il conna&icirc;t pour &ecirc;tre venu le voir avec son p&egrave;re &agrave; plusieurs reprises. Il lui pr&eacute;sente son &eacute;pouse. Amghar Azemini la toise du regard, il tressaille. La jeune femme lui donne un malaise et un haut-le-corps. Il d&eacute;tourne ses yeux, prend le jeune homme en apart&eacute; et lui dit :<br /><br />Thamettouth agi thechvah soufella mayla ar d&rsquo;khel Therka ! Cette femme est belle en apparence, mais perfide en dedans ! <br />  S&eacute;pare-toi d&rsquo;elle, avant qu&rsquo;il ne soit trop tard. <br /> Je ne peux le faire grand-p&egrave;re ! Je veux faire d&rsquo;elle la m&egrave;re de mes enfants, aucun conseils ne pourra me d&eacute;tourner de cette femme, qui a accapar&eacute; mon c&oelig;ur et mon esprit. <br /> Tu es obnubil&eacute;, tu ne sais pas ce que tu fais, mais n&rsquo;oublie pas ceci : Endama Eth Garid Our-d Zougar Ara. (On ne regrette qu&rsquo;apr&egrave;s ce que l&rsquo;on a fait, malgr&eacute; les conseil donn&eacute;s !) Le couple prend cong&eacute; de &ldquo;l&rsquo;amghar azemni&rdquo; et continue son chemin. Vers la tomb&eacute;e de la nuit, ils arrivent dans une clairi&egrave;re et d&eacute;couvrent une grande demeure o&ugrave; vivent sept hommes.<br /><br />Ils demand&egrave;rent l&rsquo;hospitalit&eacute;, elle leur fut accord&eacute;e. La jeune femme est s&eacute;par&eacute;e de son mari, contre son gr&eacute;. Les sept hommes lorgnent vers la femme, le jeune homme n&rsquo;est pas dupe. Il comprend vite o&ugrave; ils veulent en venir. Il se bat contre les sept hommes qu&rsquo;il terrasse tour &agrave; tour. Pour les neutraliser, il les entasse dans le sous-sol de la demeure. L&agrave;, une surprise de taille l&rsquo;attend. Des squelettes d&rsquo;hommes jonchent le sol, ce sont des ogres (iouaghznioun). Il prend peur et se dit : &ldquo;Ats etsrou yemmath sen our thetsrou yemma !&rdquo; (Il faut que j&rsquo;en finisse avec eux, avant qu&rsquo;ils n&rsquo;en finissent avec moi.) D&eacute;gainant son &eacute;p&eacute;e, il les transperce un par un avant qu&rsquo;ils ne se r&eacute;veillent. S&rsquo;&eacute;tant d&eacute;barrass&eacute; des ogres, il prend possession de leur demeure et de leurs richesses. Devenu le propri&eacute;taire des lieux, tous les matins, il s&rsquo;en va &agrave; la chasse et laisse sa femme seule &agrave; la maison. Un jour, sa femme entend des g&eacute;missements provenant du sous-sol, elle soul&egrave;ve le couvercle qui recouvre la trappe pour voir de quoi il s&rsquo;agit. Elle aper&ccedil;oit le plus jeunes des ogres, qui a &eacute;chapp&eacute; &agrave; la mort. Le coup qu&rsquo;il a re&ccedil;u n&rsquo;a pas touch&eacute; un organe vital, il n&rsquo;est que bless&eacute;. La beaut&eacute; du jeune ogre lui donne des id&eacute;es. Elle le soigne et lui donne &agrave; manger. D&egrave;s qu&rsquo;il se r&eacute;tablit, elle discute avec lui durant des heures. Elle passe ses journ&eacute;es avec lui au sous-sol, ne remonte que le soir, quand elle entend hennir le cheval de son mari.<br /><br />Elle se pr&eacute;cipite dans sa couche, s&rsquo;&eacute;bouriffe les cheveux, se ceint le front d&rsquo;un foulard et se recouvre d&rsquo;une &eacute;paisse couverture. Son mari qui s&rsquo;attendait &agrave; la trouver alerte et prompte &agrave; pr&eacute;parer le gibier qu&rsquo;il avait tu&eacute;, est &eacute;tonn&eacute; de la trouver dans cet &eacute;tat. <br />  &ldquo;Mais qu&rsquo;as-tu ma ch&eacute;rie, on dirait que &ccedil;a ne va pas. <br />  Je suis malade mon ami. <br />  Si tu as besoin d&rsquo;un rem&egrave;de, je suis l&agrave;. <br />  Pour venir &agrave; bout de ma maladie, il me faut manger des pommes enchant&eacute;es. <br />  O&ugrave; puis-je trouver ces fruits ? <br /> Je ne sais pas o&ugrave; elles se trouvent, mais je sais que ce sont les seules qui pourront me gu&eacute;rir.&rdquo; Cette nuit-l&agrave;, le mari passe un nuit blanche. Le lendemain matin de bonne heure, il se rend chez &ldquo;Amghar Azemni&rdquo;, le seul homme, capable de lui indiquer l&rsquo;endroit o&ugrave; il pourra trouver les pommes enchant&eacute;es. Le vieux sage, apr&egrave;s avoir essay&eacute; de le raisonner encore une fois &agrave; propos du ph&eacute;nom&egrave;ne de rejet que lui inspire son &eacute;pouse, d&ucirc;t d&eacute;chanter, quand le jeune homme, pour toute r&eacute;ponse, lui dit : &ldquo;-Je veux la gu&eacute;rir et non me s&eacute;parer d&rsquo;elle&rdquo;.<br /><br />Devant son obstination, il lui dit : &ldquo;Puisque c&rsquo;est ainsi, la seule mani&egrave;re de te procurer les pommes enchant&eacute;es qui appartiennent &agrave; l&rsquo;ogresse de cette contr&eacute;e, c&rsquo;est d&rsquo;essayer de la surprendre, au moment o&ugrave; elle moud du bl&eacute;. A ce moment, afin que ses seins ne la g&ecirc;nent pas, elle les rejette en arri&egrave;re, tu profiteras pour t&eacute;ter un de ses seins. Quand tu auras bu son lait, elle ne pourra rien contre toi.&rdquo; Il suit &agrave; la lettre les recommandations de l&rsquo;Amghar Azemni (vieux sage). Apr&egrave;s avoir bu le lait de l&rsquo;ogresse, elle lui dit : Loukan our thesouidh ara akfay inou aktchagh ou ad&rsquo;tchagh thamourth fou ghef eth tsedoudh. (Si tu n&rsquo;avais pas bu mon lait, je t&rsquo;aurai aval&eacute;, comme j&rsquo;aurai aval&eacute; la terre sur laquelle tu as march&eacute; !) Mais puisque c&rsquo;est trop tard, dis moi, ce que tu veux. <br /> Je ne veux que les pommes enchant&eacute;es qui poussent dans ton verger. C&rsquo;est le rem&egrave;de qu&rsquo;il faut &agrave; ma femme tomb&eacute;e en l&eacute;thargie. Ad&rsquo;illi rebbi idek, ammis-medden k&rsquo;etch ig tsammen issi-s medden. (Que Dieu te vienne en aide, toi qui crois les femmes.) Pauvre de toi qui commence &agrave; perdre la raison. Tu n&rsquo;en as pas fini crois moi ! Ce n&rsquo;est que le commencement !&rdquo; Muni des pommes enchant&eacute;es, le mari retourne chez lui, &agrave; bride abattue. Il arrive dans la soir&eacute;e. Sa femme qui a pass&eacute; toute la journ&eacute;e en compagnie de l&rsquo;ogre n&rsquo;a pas vu passer le temps. D&egrave;s qu&rsquo;elle entend le hennissement du cheval de son mari, elle quitte le sous-sol &agrave; regret. Elle se jette sur sa couche et se met &agrave; g&eacute;mir. Son mari lui remet aussit&ocirc;t les pommes enchant&eacute;es qu&rsquo;elle croque &agrave; belles dents. Elle se l&egrave;ve comme par enchantement. Il est heureux de la voir de nouveau sur pieds. Le lendemain, il reste &agrave; la maison, ce qui ne pla&icirc;t gu&egrave;re &agrave; madame, elle ne peut descendre voir l&rsquo;ogre sans se trahir. Elle ronge son frein. Les jours suivants, elle incite son mari &agrave; reprendre ses habitudes de chasse. C&rsquo;est avec soulagement qu&rsquo;elle le voit partir tous les matins, en esp&eacute;rant, qu&rsquo;une b&ecirc;te f&eacute;roce le d&eacute;vore ou qu&rsquo;un autre chasseur le tue, en lui d&eacute;cochant une fl&egrave;che en plein c&oelig;ur. Rest&eacute;e seule, elle fait monter le jeune ogre et fol&acirc;tre avec lui. Il ne retourne au sous-sol qu&rsquo;au retour du mari. Mais cette vie ne pla&icirc;t pas au jeune ogre, il veut la femme sans l&rsquo;homme. Ainsi, un jour il lui dit : &ldquo;Je ne veux plus vivre en cachette, il est temps pour nous deux de vivre pleinement notre amour, mais nous ne pouvons r&eacute;aliser nos v&oelig;ux qu&rsquo;en &eacute;liminant ton mari.&rdquo; <br />  &ldquo;Je suis d&rsquo;accord avec toi, mais comment faire ?&rdquo; <br /> Nous ne le tuerons pas ici, tu vas lui demander de te ramener l&rsquo;eau pour laquelle se battent les montagnes. &ldquo;Aman foughef tsnaghen id&rsquo;ourar&rdquo;. Cette mission lui sera fatale car tous ceux qui ont essay&eacute; ont perdu la vie.&rdquo; D&egrave;s que son mari rentre, elle se met dans sa couche et lui demande l&rsquo;eau, qui viendra au bout de sa &ldquo;maladie&rdquo;.<br /><br />Le mari ne sait pas o&ugrave; trouver cette eau, mais &ldquo;amghar azemni&rdquo;, lui, le sait. Il va le voir et lui dit : &ldquo;Ma femme me demande, pour gu&eacute;rir, de lui ramener l&rsquo;eau pour laquelle se battent les montagnes. <br /> Demain, elle te demandera de lui ram&egrave;ner la lune ! Ressaisis-toi, jeune homme, ne vois-tu pas que cette femme veut ta perte ? Elle a quelque chose derri&egrave;re la t&ecirc;te ! <br /> Je ne suis pas venu pour &ecirc;tre bl&acirc;m&eacute;, je ne suis venu que pour te solliciter de me dire o&ugrave; se trouve cette eau et surtout comment faire pour l&rsquo;obtenir. <br /> Tu es aveugle, mais puisque tu ne veux pas m&rsquo;&eacute;couter, il faut proc&eacute;der ainsi. Tu vas &eacute;gorger une vachette que tu offriras aux aigles de la montagne. Une fois qu&rsquo;ils seront repus, le p&egrave;re va remercier celui qui leur a donn&eacute; pareil festin. Tu profiteras de cet instant pour lui dire que c&rsquo;est toi !<br /><br />Et il en fut ainsi. Le p&egrave;re des aigles le saisit dans ses serres, l&rsquo;am&egrave;ne &agrave; l&rsquo;endroit pr&eacute;cis, en passant par les airs, car le passage sur terre est trop dangereux. Il faut &ecirc;tre rapide comme l&rsquo;&eacute;clair pour pouvoir y passer. L&rsquo;obstacle franchi, le mari ram&egrave;ne &agrave; sa femme l&rsquo;eau dans une outre prise &agrave; cet effet. Il enfourche son fid&egrave;le coursier et arrive chez lui &agrave; la nuit tomb&eacute;e. En entendant le cheval hennir, la femme et l&rsquo;ogre qui pensaient s&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;barrass&eacute;s &agrave; jamais de l&rsquo;homme sont d&eacute;&ccedil;us. Ils s&rsquo;attendaient &agrave; passer la nuit ensemble, mais leur projet tombe &agrave; l&rsquo;eau. Le mari rentre en h&acirc;te il la trouve en train de g&eacute;mir, il lui offre l&rsquo;eau &agrave; boire. Comme par enchantement, elle se l&egrave;ve de sa couche et feint de remercier son mari, mais au fond d&rsquo;elle-m&ecirc;me, elle aurait aim&eacute; ne plus le revoir. Le jeune ogre a pris sa place dans son c&oelig;ur et elle n&rsquo;a que faire de lui.<br /><br />Le mari qui &eacute;tait tr&egrave;s loin de soup&ccedil;onner sa femme de mauvaises intentions, se croit tir&eacute; d&rsquo;affaire. Elle va gu&eacute;rir et vivre avec lui de longues ann&eacute;es et lui donner beaucoup d&rsquo;enfants. Mais le pauvre se trompe lourdement. Voulant tuer son mari, sans se salir les mains ni celles de l&rsquo;ogre, sur les conseils de ce dernier, elle lui demande, cette fois, de lui ramener : Ak&rsquo;fay n-etseddad&rsquo;eg choulit&rsquo; memmi-stchid s-chlaghem b-ayrad&rsquo;. (Le lait de lionne dans une outre faite avec la peau de son petit, nou&eacute;e avec des poils de lion arrach&eacute; de sa moustache). Le mari qui croyait que sa femme &eacute;tait d&eacute;finitivement gu&eacute;ri est d&eacute;&ccedil;u, mais puisqu&rsquo;elle ne s&rsquo;est pas remise compl&egrave;tement, il allait lui ramener ce lait quitte &agrave; y laisser la vie. Et pour la troisi&egrave;me fois, le mari se rend aupr&egrave;s de l&rsquo;amghar azemni (le vieux sage), et lui parle du lait de la lionne, dans une outre faite de la peau de son petit, nou&eacute;e avec des poils de la moustache arrach&eacute;s du museau d&rsquo;un lion. &ldquo;L&rsquo;amghar azemni sourit et dit au mari aveugl&eacute; par l&rsquo;amour qu&rsquo;il &eacute;prouve pour une femme qui n&rsquo;a pas l&rsquo;air de l&rsquo;aimer : Ay argaz ay amaghvoun Ik&rsquo;essen d&rsquo;i lekhla am sardoun. (Pauvre de toi, qui ne vois pas ce qui se passe dans ton dos ! Cette femme que tu ch&eacute;ris tant, va causer ta perte dans peu de temps).<br />Ressaisis-toi, avant qu&rsquo;il ne soit trop tard ! <br />  Ce n&rsquo;est pas des conseils que je veux, mais le lait de la lionne &agrave; m&ecirc;me de gu&eacute;rir ma femme ! <br /> Puisque tu es aveugl&eacute; et t&ecirc;tu comme une mule, voici comment devras tu prendre pour te procurer le lait. Tu devras prendre avec toi une ch&egrave;vre que tu attacheras &agrave; proximit&eacute; de la tani&egrave;re des lions. D&egrave;s qu&rsquo;ils entendront les b&ecirc;lements, ils se pr&eacute;cipiteront pour la d&eacute;vorer. Tu profiteras de cet instant pour entrer rapidement dans leur g&icirc;te tu prendras uniquement deux lionceaux. Le plus fr&ecirc;le, tu l&rsquo;&eacute;gorgeras et l&rsquo;&eacute;corcheras. Le second, tu le mettras dans la capuche de ton burnous, il te servira de monnaie d&rsquo;&eacute;change&rdquo;. Une fois repue, la lionne s&rsquo;allonge &agrave; m&ecirc;me le sol, et offre g&eacute;n&eacute;reusement ses mamelles &agrave; ses petits, mais il n&rsquo;y a que deux qui se pr&eacute;sentent, les deux autres sont absents. La lionne rugit pour les appeler mais en guise des petits, c&rsquo;est le mari men&eacute; par le bout du nez qui se montre &agrave; la lionne et dans la capuche de son burnous, son petit. &ldquo;-Rends-le moi ! <br /> D&rsquo;accord, mais &agrave; la condition que tu me donnes un peu de ton lait, avec deux longs poils arrach&eacute;s de la moustache du lion, ton compagnon ! <br /> D&rsquo;accord, mais fais-vite !&rdquo; L&rsquo;homme rel&acirc;che le lionceau et se met &agrave; la traire en cachant de son burnous l&rsquo;outre faite avec la peau du petit. Car, si elle savait qu&rsquo;il avait tu&eacute; son petit, elle ne l&rsquo;aurait jamais laiss&eacute;, au contraire elle l&rsquo;aura d&eacute;vor&eacute;. En possession du pr&eacute;cieux lait, l&rsquo;homme quitte le lieu &agrave; la vitesse de l&rsquo;&eacute;clair. Il avait pris soin d&rsquo;enterrer le corps du lionceau, mais on ne sait jamais. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre tr&egrave;s &eacute;loign&eacute; qu&rsquo;il se sent en s&eacute;curit&eacute;. La mission accomplie, comme il devait retourner chez lui en passant &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la demeure de &ldquo;l&rsquo;amghar azemni&rdquo;, il d&eacute;cide de le voir, et m&ecirc;me de lui demander de l&rsquo;accompagner dans le cas o&ugrave; il ne verrait pas d&rsquo;inconv&eacute;nients. &ldquo;Amghar azemni&rdquo;, (le vieux sage), accepte l&rsquo;invitation. C&rsquo;est ainsi que les deux hommes prennent la route en direction de la demeure o&ugrave; les attend la femme &ldquo;malade&rdquo;. En arrivant pr&egrave;s de l&rsquo;habitation, le mari est &eacute;tonn&eacute; de voir plusieurs lampes &agrave; l&rsquo;huile allum&eacute;es. C&rsquo;est jour de f&ecirc;te chez lui, et il ne sait pas pourquoi. Prudemment, ils descendent de son cheval et avancent &agrave; pied. Ils sont surpris de voir &agrave; travers les interstices de la porte, que la femme est par&eacute;e comme pour une noce, mais qui est le mari ? Ils ne tardent pas &agrave; le savoir. A un certain moment, le jeune ogre monte du sous-sol par&eacute; comme &ldquo;isli&rdquo; (fianc&eacute;). Aucun doute n&rsquo;est permis. Il tendent l&rsquo;oreille et entendent : Thikelt agi d&rsquo;ayen Argaz itchath ouayrad&rsquo; Thikelt agi ourd itsoughal (Cette fois-ci, c&rsquo;est fini, le lion l&rsquo;a d&eacute;vor&eacute;, il ne reviendra plus, &agrave; nous la belle vie !). Ces paroles prononc&eacute;es et r&eacute;p&eacute;t&eacute;es par le couple, font sur le mari bafou&eacute;, l&rsquo;effet d&rsquo;un couperet. &ldquo;Amghar azemni&rdquo; regarde le mari sans rien dire. Il hoche la t&ecirc;te, il a tout compris, mais c&rsquo;est trop tard, le mal est fait ! Il ne lui reste qu&rsquo;une seule chose : se venger ! Il ouvre la porte brusquement et d&rsquo;un coup d&rsquo;&eacute;p&eacute;e, bien ajust&eacute;, il tranche le cou de l&rsquo;ogre avant qu&rsquo;il ne puisse se rendre compte de ce qui lui arrive. La femme infid&egrave;le se r&eacute;fugie dans un r&eacute;duit pour &eacute;chapper &agrave; l&rsquo;&eacute;p&eacute;e, mais, m&eacute;prisant son mari lui dit : Feldjalt im djigh vav d&rsquo;yemma Feldjalt im l&rsquo;mouts our tsegadagh ara Thekhd&rsquo;a&acirc;dh iyi a lalla Thektharedh ouaghgzen Louah&rsquo;ch Lekhla. (A cause de toi, j&rsquo;ai abandonn&eacute; mon p&egrave;re et ma m&egrave;re. A cause de toi, j&rsquo;ai brav&eacute; tous le dangers, toi mis&eacute;rable, tu m&rsquo;as trahi avec un ogre de la for&ecirc;t. J&rsquo;ai bien envie de te tuer, mais ma vengeance ne sera pas assouvie, aussi, je te laisse en vie, afin que les remords te rongent jusqu&rsquo;&agrave; la fin de ta vie ! Vas et que je ne te revoies plus !). Le mari trahi prend possession de toutes les richesses des ogres et rentre chez lui accompagn&eacute; par amghar azemni qu&rsquo;il ram&egrave;ne dans son lieu de retraite. Il demande pardon &agrave; ses parents, les fait profiter des richesses ramen&eacute;es, puis se remarie avec une fille de la famille. Il v&eacute;cut heureux avec ses parents et sa nouvelle femme qui lui donne beaucoup d&rsquo;enfants. Our kefount ethhoudjay inou Our kefoun irden tsemzine. As n-ela&iuml;d anetch aksoum tsh&rsquo;emzine ama ng&rsquo;a thiouanzizine (Mes contes ne se terminent comme ne se terminent le bl&eacute; et le l&rsquo;orge. Le jour de l&rsquo;a&iuml;d, nous mangerons de la viande et des p&acirc;tes, jusqu&rsquo;&agrave; avoir des pommettes rouges et saillantes).<br />]]></content:encoded>
		<pubDate>Fri, 28 Dec 2007 17:29:40 +0100</pubDate>
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