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	<title><![CDATA[Pauline et kamel univers]]></title>
	<description><![CDATA[Flux RSS des articles]]></description>
	<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 22:10:23 +0100</pubDate>
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		<title><![CDATA[tailleur de pierres]]></title>
		<link>http://pao.eklablog.com/article-13462-61523-tailleur-de-pierres.html</link>
		<dc:creator>Pao</dc:creator>
		<description><![CDATA[Amachahou rebbi ats iselhou. Ats ighzif anechth ousarou (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu&rsquo;elle soit belle, longue et se d&eacute;roule comme un long fil). Dans les contes kabyles le personnage de Teriel (l&rsquo;ogresse) est presque toujours assimil&eacute; &agrave;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[Amachahou rebbi ats iselhou. Ats ighzif anechth ousarou (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu&rsquo;elle soit belle, longue et se d&eacute;roule comme un long fil). Dans les contes kabyles le personnage de Teriel (l&rsquo;ogresse) est presque toujours assimil&eacute; &agrave; m&eacute;chancet&eacute;, peur et horreur Dans l&rsquo;histoire du terroir qui suit on a affaire &agrave; une Teriel plus humaine que d&rsquo;habitude. Il y a tr&egrave;s longtemps de &ccedil;a, dans une contr&eacute;e, vivait un homme ais&eacute;. Il avait pour prog&eacute;niture trois filles d&rsquo;une in&eacute;galable beaut&eacute;. <p>Il marie l&rsquo;a&icirc;n&eacute;e &agrave; un marchand d&rsquo;huile (tajar n zith) la pu&icirc;n&eacute;e &agrave; un marchand de bl&eacute; (tajar g irden). Quand vient le tour de la cadette de se marier, les fianc&eacute;s affluent chez lui. Son p&egrave;re lui demande son avis:&rdquo; Il est grand temps de te marier, ma fille, Choisis le gar&ccedil;on qui te plait et il deviendra ton mari&rdquo;. Contre toute attente, la cadette lui dit: &ldquo;Si tu veux faire mon bonheur, donne-moi au tailleur de pierres (anedjar b ouvladh). J&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; parl&eacute; avec lui, il me pla&icirc;t. Il n&rsquo;attend qu&rsquo;un mot de moi, pour venir me demander&rdquo;. </p><p>-Ma fille, &eacute;loigne de ton esprit cette id&eacute;e farfelue et insens&eacute;e. Le tailleur de pierres c&rsquo;est le d&eacute;shonneur pour toute la famille. Il n&rsquo;a rien &agrave; te donner, &agrave; part les poussi&egrave;res et les plaies caus&eacute;es par les asp&eacute;rit&eacute;s des rochers, &agrave; soigner ! R&eacute;fl&eacute;chis bien &agrave; ce que tu dis. Une telle union, je ne peux l&rsquo;accepter. Je serai la ris&eacute;e de toute la contr&eacute;e. C&rsquo;est beaucoup me demander!&rdquo; </p><p>D&eacute;&ccedil;ue par le refus de son p&egrave;re, la cadette n&rsquo;en fait qu&rsquo;&agrave; sa t&ecirc;te. Elle quitte la maison et se rend &agrave; la carri&egrave;re de pierres et demande au tailleur, surpris, de l&rsquo;&eacute;pouser. Le beau jeune homme lui dit: &ldquo;Je veux bien t&rsquo;&eacute;pouser, mais je ne suis qu&rsquo;un mis&eacute;rable sans richesse et sans avenir. Je ne peux rien t&rsquo;offrir. Si je t&rsquo;&eacute;pouse tu vas souffrir. Il y a de meilleurs partis que moi. Va, laisse-moi&rdquo;. </p><p>-Si tu consens &agrave; m&rsquo;&eacute;pouser, le fait de t&rsquo;aimer me suffira !&rdquo;  </p><p>Apr&egrave;s avoir vainement tent&eacute; de la dissuader, le tailleur l&rsquo;&eacute;pouse malgr&eacute; le refus cat&eacute;gorique de son p&egrave;re.  </p><p>Le mariage non d&eacute;sir&eacute; par tous les membres de la famille provoque la ruptures entre la cadette, ses parents et ses deux s&oelig;urs mari&eacute;es. </p><p>En guise de maison, le tailleur l&rsquo;installe dans sa chaumi&egrave;re. Pour nourriture, quelque figues pourries et de la galette d&rsquo;orge difficile &agrave; avaler. </p><p>Le temps suivant son cours, la cadette n&rsquo;avait m&ecirc;me pas une seule goutte d&rsquo;huile pour peigner et lisser ses cheveux r&ecirc;ches et hirsutes. A l&rsquo;&eacute;poque, l&rsquo;huile d&rsquo;olive &eacute;tait utilis&eacute;e par les femmes pour soigner leurs cheveux et les rendre moins rebelles. Elle &eacute;tait tellement pauvre qu&rsquo;elle n&rsquo;avait m&ecirc;me pas un fragment de miroir pour se regarder. C&rsquo;est &agrave; thala (la source) dans le reflet, qu&rsquo;elle s&rsquo;aper&ccedil;oit qu&rsquo;elle ressemble beaucoup plus &agrave; une sorci&egrave;re qu&rsquo; &agrave; une jeune mari&eacute;e. Elle pousse un cri d&rsquo;effroi et se dit : &ldquo;Si mon mari me voit ainsi, il va cesser de m&rsquo;aimer!&rdquo; Elle se rend aussit&ocirc;t chez sa s&oelig;ur a&icirc;n&eacute;e pour qu&eacute;mander un peu d&rsquo;huile d&rsquo;olive </p><p>- &ldquo;efkiyid chouit n zith a outma a&acirc;zizzen  </p><p>ad&rsquo; segmagh imaniou iouargaz iou ghlalyen (Donne moi peu d&rsquo;huile ch&egrave;re s&oelig;ur pour que je me fasse belle pour mon seigneur !) </p><p>-Tu as &eacute;pous&eacute; ce mis&eacute;rable tailleur contre notre gr&eacute;. Tu n&rsquo;es plus ma s&oelig;ur; Va-t-en d&rsquo;ici&rdquo;.  </p><p>Quelques jours plus tard, il ne s&rsquo;agit plus de beaut&eacute;, mais carr&eacute;ment de manger. Le tailleur n&rsquo;ayant pas &eacute;t&eacute; pay&eacute;, il n&rsquo;y avait rien &agrave; se mettre sous la dent chez lui. La cadette se rend chez la pu&icirc;n&eacute;e et lui dit : </p><p>- &ldquo;efkiyid chouit b- aren a outma a&acirc;zizen  </p><p>our nesa&icirc; achou ara netch dayen !  </p><p>-Donne moi un peu de semoule, ch&egrave;re s&oelig;ur, nous n&rsquo;avons plus rien &agrave; manger !  </p><p>-Tu as &eacute;pous&eacute; ce tailleur  de pierres contre notre volont&eacute; assume ton choix. Je ne peux rien te donner. Eloigne-toi d&rsquo;ici !&rdquo;  </p><p>La cadette quitte les lieux, le c&oelig;ur endolori. Personne ne veut l&rsquo;aider. Elle se rend dans les champs, ramasse des plantes comestibles (avazine) et les cuit pour son mari. Malgr&eacute; toutes les difficult&eacute;s rencontr&eacute;es, la cadette ne baisse pas les bras. Elle aime toujours son mari et lui aussi.Mais l&rsquo;amour ne peut vaincre la faim. Si cela continue, ils vont mourir d&rsquo;inanition. </p><p>La cadette pleure comme une source (thetsrou am thala). Quand son mari rentre, elle s&rsquo;essuie les yeux, mais ils sont tellement rouges que son mari s&rsquo;en aper&ccedil;oit. Il r&eacute;fl&eacute;chit &agrave; la situation, et se dit : &laquo;Je suis la cause de son malheur, moi mis&eacute;rable tailleur ! </p><p>La seule fa&ccedil;on de lui rendre le sourire et de la rendre heureuse, c&rsquo;est de la quitter. </p><p>Ne me sachant pas avec elle, ses parents compatissant, reprendront soin d&rsquo;elle ! D&egrave;s demain, j&rsquo;irai dans la for&ecirc;t (Thiz&rsquo;gi ou Amalou), et je me ferai d&eacute;vorer par Teriel ! (l&rsquo;ogresse).&raquo; </p><p>Le tailleur passe une nuit blanche &agrave; c&ocirc;t&eacute; de son &eacute;pouse. De temps en temps, il se met &agrave; penser &agrave; haute voix. Il la r&eacute;veilla plusieurs fois. Elle ne se rendort pas. Elle essaye de capter ce qu&rsquo;il dit. </p><p>A l&rsquo;aube, contrairement &agrave; ses habitudes son mari ne prend ni son marteau (Thafdhisth) ni son burin (Amenqar). Il quitte sa chaumi&egrave;re la douce, mais c&rsquo;&eacute;tait sans compter sur la vigilance de sa femme qui s&rsquo;&eacute;tait dout&eacute;e qu&rsquo;il mijotait quelque chose, qu&rsquo;il ne voulait pas qu&rsquo;elle sache pour le moment. </p><p>Elle le suit de loin et le voit entrer dans la for&ecirc;t. A un certain moment elle marche sur une branche morte. Le craquement le fait se retourner, il accourt vers elle et lui dit : </p><p>&ldquo;Anfiyi a illi-s medden </p><p>Ayi thetch teriel negh ouaghzen ! </p><p>Laisse-moi, ma ch&eacute;rie, laisse-moi me faire d&eacute;vorer par les ogresses ou ogres de la for&ecirc;t !) </p><p>- Il n&rsquo;est pas question que tu te fasses d&eacute;vorer seul, si telle est ma destin&eacute;e, je vais me faire d&eacute;vorer, moi aussi !&raquo; </p><p>Ne pouvant lui faire changer d&rsquo;avis, le tailleur l&rsquo;emm&egrave;ne avec lui. </p><p>Arriv&eacute;s dans une clairi&egrave;re au milieu de la for&ecirc;t, la femme du tailleur trop fatigu&eacute;e tombe dans les bras de Morph&eacute;e. Il veille sur elle, quand soudain, il entend des craquements et des bruits de pas pesants se diriger vers lui. D&egrave;s qu&rsquo;il aper&ccedil;oit Teriel (l&rsquo;ogresse), il court vers elle et lui dit : </p><p>&laquo;- Jida Teriel a thamet&rsquo;touth el&acirc;li </p><p>Etchiyi kan nekini </p><p>Anef i thine a&acirc;zizen felli </p><p>Ats rouh d&rsquo;i laman rebbi ! </p><p>-(Grand-m&egrave;re, ogresse, femme de bonne lign&eacute;e d&eacute;vore moi seul. Epargne ma bien-aim&eacute;e, laisse la partir en toute s&eacute;curit&eacute; ! </p><p>- J&rsquo;accepte ce que tu me dis, ferme les yeux !&raquo; Le tailleur tremble de peur, c&rsquo;est sa derni&egrave;re heure. Il reste dans cette attitude quelques instants mais rien ne se produit. Soudain, il entend des beuglements et des b&ecirc;lements autour de lui. Il ouvre les yeux, l&rsquo;ogresse a disparu. A sa place il y a des b&oelig;ufs et des moutons. Il crie de joie et va r&eacute;veiller sans m&eacute;nagement son &eacute;pouse qui dormait profond&eacute;ment. &laquo;&Ccedil;a y est, nous sommes riches ! Teriel ne m&rsquo;a pas d&eacute;vor&eacute;, et elle m&rsquo;a laiss&eacute; ses animaux en cadeaux !&raquo; </p><p>L&rsquo;homme et la femme ram&egrave;nent les b&ecirc;tes &agrave; leur chaumi&egrave;re. Au bout de quelques ann&eacute;es, les b&ecirc;tes se multiplient pour devenir troupeau. Ils vendent le surplus et avec l&rsquo;argent gagn&eacute;, se construisent une belle maison et s&rsquo;ach&egrave;tent des terres. </p><p>Comme le monde ne cesse jamais de tourner, la roue de la fortune change de place. Le marchand d&rsquo;huile, mari de l&rsquo;a&icirc;n&eacute;e fait faillite suite &agrave; la s&eacute;cheresse, qui dura plusieurs ann&eacute;es. Il en est de m&ecirc;me du marchand de bl&eacute;. R&eacute;duits &agrave; la mendicit&eacute;, ils qu&eacute;mandent en famille. </p><p>Un jour, l&rsquo;a&icirc;n&eacute;e et la pu&icirc;n&eacute;e se rendent &agrave; la maison du tailleur m&eacute;pris&eacute;, et demandent l&rsquo;aum&ocirc;ne &agrave; la ma&icirc;tresse de la maison. En venant &agrave; leur rencontre, leur s&oelig;ur cadette les reconna&icirc;t. Elle les toise du regard et leur dit : </p><p>&ldquo;&Acirc;slama enk&rsquo;ount a isma </p><p>Chedda eth &acirc;dda </p><p>Dounith thedouir am rouda ! </p><p>D&rsquo;laouan andar d&rsquo;i lanha. </p><p>(Bienvenue, mes ch&egrave;res s&oelig;urs. </p><p>Les &eacute;preuves sont termin&eacute;es. </p><p>La roue a tourn&eacute; </p><p>C&rsquo;est le moment de vivre la paix !). </p><p>En reconnaissant leur s&oelig;ur cadette, les deux s&oelig;urs marqu&eacute;es par la vie, demandent pardon, en leur nom et au nom de leurs parents d&eacute;c&eacute;d&eacute;s. </p><p>En quelques heures, les diff&eacute;rences sont aplanies, contrairement &agrave; elles, qui ont refus&eacute; de l&rsquo;aider par le pass&eacute;. La cadette est dispos&eacute;e &agrave; leur venir en aide jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;elles puissent red&eacute;marrer dans la vie. Les s&oelig;urs se r&eacute;concilient. </p><p>Our Kefount Eth h&rsquo;oudjay, inou our kefoun ird&rsquo;en tsenzine. As n&rsquo;elaid anetch askoum ts h&rsquo;emzine ama ng&rsquo;a thiouamz&rsquo;iz&rsquo;ine (Mes contes ne se terminent comme ne se terminent bl&eacute; et l&rsquo;orge. Le jour de l&rsquo;A&iuml;d nous mangerons de la viande et des p&acirc;tes jusqu&rsquo;&agrave; avoir des pommettes rouges et saillantes. </p>]]></content:encoded>
		<pubDate>Fri, 28 Dec 2007 17:40:16 +0100</pubDate>
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